Assurance auto

Pourquoi ma cotisation d’assurance auto augmente-t-elle ? (ou ne baisse pas)

Chiffres, taxes, calcul assuranceChaque année, si vous n’avez pas de sinistre responsable, vous gagnez en théorie 5 % de bonus sur votre assurance auto. Mais vous constatez néanmoins que votre cotisation ne baisse pas, voire augmente. Pourquoi ?

Lors de la souscription de votre contrat d’assurance auto, puis à chaque échéance annuelle, votre assureur vous demande le paiement d’une somme, la prime ou cotisation, en contrepartie du risque qu’il accepte de garantir. Son montant est savamment calculé en fonction de votre profil personnel, des caractéristiques et de l’usage de votre véhicule.

Si l’un de ces critères vient à être modifié, la tarification de votre assurance auto est susceptible d’être revue à la hausse ou à la baisse. Mais l’assureur peut aussi prendre l’initiative d’augmenter ses prix pour les adapter à une conjoncture défavorable ou à une nouvelle stratégie commerciale. Vous pouvez alors constater une majoration de votre prime indépendante de toute évolution de votre situation.

Quels sont les éléments de calcul de votre cotisation d’assurance auto ?

Pour déterminer leurs tarifs, les sociétés d’assurance s’appliquent à modéliser les risques au plus près en faisant intervenir de multiples paramètres. À partir de calculs complexes de statistiques et de probabilités, l’objectif recherché consiste à maîtriser l’aléatoire : le montant des primes doit permettre simultanément aux assurés d’être correctement indemnisés et à l’assureur de dégager un bénéfice.

La prime nette

C’est la base du tarif, afférente au risque, utilisée par la société d’assurance pour payer les sinistres à sa charge et ses frais généraux. Son calcul fait intervenir de nombreuses variables :

  • la prime d’équilibre (aussi appelée « prime pure », « prime de risque » ou « prime technique ») correspond au montant moyen strictement nécessaire à la compensation des risques entre eux, selon le principe mutualiste de l’assurance. Elle est déterminée par référence à l’historique statistique sur les exercices précédents de la fréquence des sinistres et de leur coût moyen, pour chaque risque bien défini.
    Chacune des garanties est ainsi précisément tarifée en fonction des données relatives au modèle et à l’année du véhicule assuré, à sa zone de circulation, son usage socio-professionnel, et aux caractéristiques du conducteur (âge, ancienneté du permis de conduire, antécédents aggravants, conduite exclusive ou prêt du volant).
  • la personnalisation de cette prime résulte de l’application du coefficient de bonus-malus de l’assuré et de son choix sur le montant des franchises proposées sur certaines garanties.
  • les frais de fonctionnement, propres à chaque assureur, sont inclus dans le montant de la prime nette. Ils réunissent les coûts d’acquisition (commissions à verser aux intermédiaires, marketing et publicité…) et les frais de gestion des différents services administratifs de l’entreprise.

Les frais accessoires

Également dénommés « compléments de prime » ou « frais de police », ils rémunèrent les frais de gestion inhérents au seul contrat. Ils sont perçus lors de son émission ou à celle d’un avenant, ainsi qu’à l’occasion de chaque échéance.

Les taxes fiscales et contributions

Prélevées par les assureurs pour le compte de l’État ou d’organismes publics, elles sont calculées sur la base de la cotisation nette, frais accessoires compris.

Les motifs d’augmentation individuelle de votre prime d’assurance auto

La prime fixée à la souscription du contrat varie dès lors qu’une des données prise en compte dans son chiffrage est modifiée. L’actualisation du tarif intervient en cours de contrat ou à son échéance annuelle selon les cas.

Augmentation pour aggravation du risque assuré

En dehors de toute modification des garanties souscrites, et pour un même véhicule, votre cotisation peut subir une hausse si certains changements dans votre situation personnelle ou dans l’usage que vous faites de votre voiture génèrent une aggravation du risque.

Ces nouvelles circonstances, qui augmentent la probabilité d’un sinistre, doivent spontanément être déclarées à votre assureur dès leur survenance. Il s’agit par exemple :

  • d’un déménagement dans une zone géographique statistiquement plus exposée ;
  • du changement du lieu de stationnement du véhicule, en extérieur plutôt que dans un garage fermé ;
  • de l’utilisation récente de la voiture à des fins professionnelles ;
  • de sa conduite occasionnelle par un jeune conducteur

Hausse de tarif suite à sinistre(s), responsable(s) ou non

Lorsque vous déclarez un accident responsable, votre coefficient de bonus-malus subit une majoration de 25 % appliquée à l’échéance anniversaire suivante. Le montant de votre cotisation s’en trouve évidemment affecté à la hausse. La déclaration d’un sinistre non responsable n’entraîne pas d’application de malus. Votre coefficient de réduction-majoration continue de baisser de 5 % par an jusqu’au niveau du bonus maximal de 50 %.

Malgré cette réduction, il est possible que vous constatiez pourtant une augmentation de votre prime d’assurance à l’échéance suivante. En effet, l’existence de sinistres, quelle que soit leur nature (responsable ou non), est une donnée prise en compte par les assureurs dans l’évaluation des risques.

La présence d’un ou de plusieurs sinistres recensés au cours des dernières années constitue un critère tarifaire pénalisant qui peut modérer, voire totalement compenser, l’évolution positive de votre bonus.

Les augmentations générales imposées / décidées par votre assureur

Les sociétés d’assurance sont parfois amenées à répercuter des hausses imposées par la loi ou à réviser leurs tarifs afin de pouvoir continuer à assumer sereinement les risques à couvrir dans un contexte défavorable. Les augmentations générales qui en résultent viennent alors souvent pondérer la baisse de cotisation que vous auriez pu attendre grâce à l’évolution de votre bonus.

En cas d’évolution de la réglementation

Lorsque les taxes et contributions sont revues à la hausse, l’incidence sur votre prime est immédiate. Dans le cas où la législation vient à promulguer l’obligation de nouvelles garanties (ce fut le cas pour les risques catastrophes naturelles et catastrophes technologiques adossés à une garantie dommage), le tarif de l’assurance peut s’en trouver impacté.

Révision tarifaire en fonction de la sinistralité globale (et de son coût)

Les primes versées par les assurés constituent l’essentiel des ressources des assureurs alors que leurs dépenses dépendent majoritairement des coûts des sinistres indemnisés. Pour garantir sa viabilité financière, une société d’assurance doit ainsi s’attacher à maintenir un ratio de sinistres/primes bénéficiaire. Chaque année, en fonction des résultats enregistrés sur les derniers exercices, elle peut décider de revoir ses tarifs pour redresser sa rentabilité.

Dans les faits, on observe une augmentation constante des primes au fil des ans, justifiée notamment par :

  • la hausse du coût des accidents ;
  • l’augmentation du prix des réparations automobiles ;
  • le nombre croissant de catastrophes naturelles.

Segmentation stratégique / commerciale des majorations

Chaque assureur exerce une politique commerciale propre en fonction de ses résultats techniques et de ses objectifs. Pour répondre à ses projets de développement, une société d’assurance va parfois choisir de privilégier certains types d’assurés ou de véhicules en leur appliquant des tarifs attractifs (ex : bonus 50).

A contrario, elle proposera des montants de cotisation prohibitifs aux profils de conducteurs qui ne correspondent pas à sa stratégie de souscription. Vous pouvez ainsi voir votre prime soudainement majorée si vous ne satisfaites plus aux critères de risque souhaités par l’assureur.

Comment réagir en cas de hausse du tarif de votre assurance automobile ?

Les contrats prévoient généralement une clause de révision des cotisations qui autorisent l’assureur à pratiquer une augmentation à l’échéance en dehors de toute modification du risque, sans que l’assuré puisse la refuser.

En cas de majoration excessive de votre prime d’assurance auto, contactez votre intermédiaire d’assurance. S’il souhaite vous fidéliser, il pourra vous faire bénéficier d’une réduction à titre commercial. Si aucune solution n’est envisageable, vous disposez de la faculté de résilier votre contrat pour augmentation de tarif, ou en faisant jouer la loi Hamon, en respectant les délais et formalités prévues.

→ N’hésitez pas à faire jouer la concurrence : les assureurs privilégient souvent les nouveaux clients en leur proposant des offres compétitives. D’une société à l’autre, les tarifs présentent des variations importantes pour un même profil. L’utilisation d’un comparateur d’assurance auto trouve alors toute son utilité.

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Article mis à jour le 28 septembre 2020 • • •

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